« La Mémoire dans la Peau »
Ou Le Toucher et la Libération psycho-émotionnelle

 

Justine Gravagna
Promotion 2018


« Chaque toucher ravive le vif de notre chair réveillant nos empreintes et les traces des autres en nous »
Bernard Andrieu

 

Sommaire


Définitions
Introduction
A Fleur de peau
Le Toucher, c’est inné
Le Langage corporel dans l’enfance
Les Émotions
Les « Émotions Corporelles »
Le Toucher et la Dépression
Les Effets des Massages sur Le corps & l’Esprit
Le toucher pour moi ?
Et le massage alors ?
Présentation de mon projet
Sources


DÉFINITIONS


Bien-être
Nom masculin invariable.
Sensation agréable procurée par la satisfaction de besoins physiques,
l’absence de soucis.
Synonymes : bonheur, plaisir


Santé
Salon l’OMS, « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et
social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou
d’infirmité. »

Note à moi-même : Donc, si l’on prend cette définition, toute démarche allant dans le sens
du bien-être va dans le sens de... retrouver la santé ou la garder ? Pouvons-nous alors dire
que le massage bien-être fait partie d’un soin ? il semblerait que oui malgré de nombreux
détracteurs qui tendent à prouver que non...


Massage
Ensemble des techniques utilisant les mains (pétrissage, pressions,
vibrations, etc.) et s'exerçant sur différentes parties du corps dans un dessein
thérapeutique.


Émotion
Trouble subit, agitation passagère causés par un sentiment vif de peur, de
surprise, de joie, etc. : Parler avec émotion de quelqu'un.


Libération
Cessation d'une contrainte matérielle ou psychologique, qui fait éprouver un
sentiment de liberté : Sa mort a été une libération pour sa famille.


INTRODUCTION


Le verbe toucher peut être relié à beaucoup de choses :
on parle de toucher émotionnel, on évoque un sujet en le touchant du doigt, on peut être touché par un regard... C’est un mot qui a plusieurs sens : pas moins de 18 sens différents... on parle « toucher » en musique, en physique, en psychique, on touche par la parole, puisqu’on peut toucher un mot de quelque chose à quelqu’un ; on peut être en contact avec quelqu’un par sa main, en éprouvant les sensations du « toucher », on peut posséder quelque chose en touchant de l’argent par exemple ; mais aussi on peut se trouver emprunt d’une émotion, une phrase peut nous toucher, un pianiste peut avoir un beau toucher, il y tant, tant de définitions possibles ! On peut l’utiliser pour tout, et dans tous les domaines. Et ce n’est pas pour rien : le toucher est notre perception de la vie : il nous accompagne 24h sur 24. Mais c’est aussi et surtout l’un de nos cinq sens : la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût et le toucher. Et c’est là qu’intervient un mot aux multiples sens : la sensibilité. On peut toucher physiquement grâce aux milliers de petits nerfs qui parcourent nos corps, et qui nous procurent des sensations corporelles.
Tout cela pour expliquer que le toucher physique qui passe notamment par le massage est totalement lié au toucher émotionnel, à ce que l’on a dans le cœur, dans les « tripes ». J’ai choisi de parler de parler de libération psycho-émotionnelle parce que c’est un sujet qui est intimement lié à mon projet futur, mais aussi parce que le toucher par le massage a révélé beaucoup de choses en moi, particulièrement des « délivrances » insoupçonnées.
Parfois, on pense qu’un geste simple n’a pas de répercussion sur autrui. Par exemple, toucher le bras en faisant une bise, ou simplement insister un peu plus en faisant cette même bise. Certains ne  remarqueront pas que l’on appuie un peu plus sur le bras, ou la joue. D’autres seront gênés, contents, émoustillés, bouleversés. Tout simplement parce qu’un « détail » (qui n’en est pas un) change :  l’attention que la personne porte à ce geste. De même, on peut faire ces gestes sans y penser, ou alors en pleine conscience. Et c’est là que tout change. Le réceptif n’est pas le même chez l’autre, son corps et son cerveau l’interprète tout à fait différemment, mais sans non plus en être conscient forcément.


A FLEUR DE PEAU


Une ride, une cicatrice, un pore dilaté.
Un grain de beauté, une vergeture, un poil, une empreinte, un tatouage.
Un piercing, un eczéma, une brûlure, un bouton, une rougeur, le bronzage.
Une verrue, de l’urticaire, des taches de rousseur, le vitiligo.
Mais encore...
Lisse, rugueuse, douce, sèche, soyeuse, épilée, rasée, grasse, moite, brillante.
Tant de mots pour parler d’un seul et même organe : la peau.


SON ÉTAT

C’est d’abord par la couleur de la peau que l’on identifie une personne : « oh, tu sais le grand basané ... » « Tu connais Joséphine, tu sais, la black, la voisine à ma mère », « Oh, eux, ils sont anglais ils sont rouges comme des pébrons !!! ». La peau est un révélateur social : classe d’âge, appartenance ethnique, notre personnalité, c’est parfois notre « carte d’identité. » elle fait partie de notre image, c’est ce que les gens voient chez nous en premier abord : Elle nous fait appartenir à une ethnie, à un peuple. Elle est le premier moyen d’identification géographique : on sait à peu près (ou on croit savoir) d’où vient la personne rien qu’avec la couleur de sa peau. Les peaux noires, d’Afrique ou des îles, les peaux bronzées d’Afrique du Nord, de l’Inde ou du Pakistan, les peaux claires plutôt d’Europe ou d’Amérique du  Nord etc.
Même si souvent on se trompe, on peut reconnaître une personne par rapport à sa couleur de peau. Elle est indissociable de l’être humain que l’on est.
Tout simplement parce que cette dernière s’est adaptée par le passé, s’adapte actuellement et s’adaptera encore à la région dans laquelle on vit, exactement comme le chémotype des huiles essentielles. On est et on naît sous la même forme, mais selon le territoire, l’ensoleillement et le climat, on évolue différemment. Et notre peau avec. Elle sera plus foncée ou réactive si l’on vit dans des régions très ensoleillées, elle sera plus claire si le soleil est moindre. Le meilleur exemple occidental tient juste des saisons : on bronze en été, parce que la peau se protège du soleil pour éviter de brûler. Même les plus clairs d’entre nous ont une peau qui se modifie au cours des saisons mais cela se voit différemment (tendance à rougir par exemple).
C’est une tapisserie qui raconte notre histoire. Notre premier vêtement tissé de notre personnalité et de notre culture. Nous l’avons oublié, mais nous 5sommes d’abord des êtres sensibles avant d’être des êtres de raison et d’intelligence qui sont incarnés dans une sensibilité. Nous ne sommes pas de pures intelligences.
C’est grâce à cela que l’on voit que la peau fait partie de notre histoire, et elle changera de notre naissance à notre mort. C’est un organe « intelligent ». Elle peut réagir à la nourriture autant qu’à l’émotionnel ; si l’on mange trop de charcuterie, elle peut développer un bouton, pour nous « prévenir » qu’elle n’assimile pas trop ce surplus alimentaire, si l’on est trop stressé, elle peut développer une crise d’eczéma, pour nous prévenir qu’il est temps de prendre soin de nous et de vivre plus à notre rythme. Elle est le lien direct entre notre interne et notre externe.
Elle a son propre fonctionnement mais elle est liée à notre corps et à notre mental. Ce sont les neurotransmetteurs qui permettent la communication permanente entre notre cerveau et notre peau.


SON RELATIONNEL

Mais la peau, c’est aussi le premier organe « relationnel » : on ne peut toucher sans être touché, grâce aux récepteurs tactiles, fonctionnels dès la 7 e semaine de gestation (dans la zone péribuccale et l’hypophyse elle-même, qui sont composés des mêmes cellules). Elle a un passé, un présent et un avenir. Elle change selon la personne et non pas le problème qu’elle présente (par exemple, on peut prendre l’acné, qui dépend autant de notre comportement, que de ce que l’on mange, que de notre nervosité, en plus de la nature de la peau elle-même.)
Elle évolue au fil du temps, tout comme nous. Elle suit notre âge, elle s’étire, elle est sèche, elle rend compte de nos problèmes physiologiques, elle vieillit et mûrit avec nous. Elle possède sa propre nature mais suit également notre nature émotionnelle.
Par exemple, certains bébés sont en grave danger physique, somatique s’ils ne sont jamais caressés, jamais touchés : certains se laissent mourir s’ils ne sont pas touchés ou s’ils sont seulement touchés de manière mécanique.
Quand la peau va mal, elle représente la vulnérabilité de l’être : 1/3 des plus de 15 ans ont des maladies de peau sans compter les enfants.
Sont-ce des enfants qui n’ont pas été assez touchés par le passé et par le présent ?


LA CONSCIENCE DE SOI

Pas besoin de penser pour prendre conscience de soi : se toucher soi-même, se masser par exemple. On se touche et on est touché. C’est la rencontre de deux dimensions : nous sommes quelque chose, nous existons. Ma peau est ce que l’autre peut toucher de moi et elle est aussi la limite qui me sépare de lui et qu’il ne peut pas traverser. Dans le peau-à-peau on en vient à se demander qui est caressé et qui caresse. C’est le lieu de l’intimité entre soi et les autres (relation affectives, sexuelles...).
Les échanges physiques sont fondamentaux pour se sentir en sécurité et s’attribuer une certaine valeur, ce qui constitue également le « narcissisme » c’est-à-dire le fait de s’aimer, ce qui est très important pour toutes les démarches de la vie (professionnelle, affective, sexuelle, etc.)
A noter, de récentes études ont montré que près de 54% des personnes atteintes de maladies de peaux souffrent d’anxiété, ou de dépression avérée.
De façon plus générale les maladies de peau affectent la qualité de vie. Le regard des autres affecte le psychologique car la peau c’est le lieu de l’intime comme le lieu « public » (regard de soi sur soi, regard de l’autre sur soi).
Ces maladies peuvent provoquer de la honte chez ceux qui en souffrent car inconsciemment, on pense ne pas être à la hauteur, et on n’a qu’à aller se cacher, ce qui est traduisible par un retrait social et/ou un sentiment de culpabilité : vais-je la transmettre à mes enfants ?). Elle est donc témoin de notre relation aux autres et au monde en général.
Tout ceci présente un cercle vicieux, car on reste en état permanent d’anxiété quant à sa maladie, et c’est l’anxiété qui nourrit la maladie, et la maladie nourrit l’anxiété.... D’où l’importance de se réconcilier avec son corps afin de tendre à une libération psycho-émotionnelle.


DE LA PEAU A L’EGO

LA CONNECTION ENTRE LE CORPS ET L’ESPRIT

En France, on s’est souvent méfié de ce genre de paroles, on a toujours évité de parler de connexions entre corps et esprit, simplement parce que nous sommes culturellement parlant beaucoup plus basés sur l’intellectualité, et donc plus sur la raison que le sentimental et les émotions. Notre rapport avec notre corps a été influencé par cette idée au fil des siècles, et nous avons plus traité notre corps comme un outil qu’autre chose, et surtout pas comme un ensemble complétif et harmonieux comme il se devrait...
Pourquoi ? Parce que de grands penseurs et philosophes de l’époque tels que Descartes insistaient sur la prééminence de l’esprit sur le corps (sans pour autant inciter à le négliger), puis la vision religieuse (le christianisme) a longtemps considéré le corps comme quelque chose de « mauvais » qui empêchait une réelle élévation de l’esprit et de l’âme. En cause, les relations sexuelles, les actes charnels qui étaient considérés allant à l’encontre de la religion. Et l’amalgame était fait. Impossible depuis lors de différencier le plaisir de la chair (sexualité) avec le bien-être du corps (ressenti). Aujourd’hui on sait que corps et esprit sont intimement liés (sans mauvais jeu de mots). Deux autres personnes d’influence comme Diderot et Rousseau ont été les premiers à « réhabiliter le corps en montrant à quel point l’homme
est sensible et que son équilibre identitaire est composé des ressentis corporels ET émotionnels, ensemble. Le corps est doté d’une intelligence et le cerveau fait partie intégrante de ce corps, il n’est plus considéré comme dissocié. Il est complexe et subtil. Ainsi, on sait que tout est relié dans le corps, il nous parle, nous envoie des messages, à nous de comprendre et d’interpréter ce qu’il nous exprime.
Pour preuve, on a démontré que des personnes ne ressentant pas certaines parties de leur corps ont des fonctions intellectuelles perturbées alors que le cortex demeure intact. Aussi, souffler lentement peut aider l’esprit à évacuer le stress ou à mieux le gérer, mieux que par les pensées : se répéter sans cesse « calme-toi » lors d’un épisode de stress peut nous aider, mais pas toujours. Ce n’est pas toujours spontané et cela se travaille. Il en va de même pour la méditation : on travaille sur le corps d’abord pour apaiser l’esprit et les émotions. On porte notre attention et donc notre conscience ailleurs que sur nos pensées.
L’émotion peut commencer dans le corps avant d’arriver à l’esprit : on peut se sentir mal à l’aise lorsque quelqu’un nous ment alors que nous ne savons pas encore qu’elle nous ment... Elle peut a contrario naître dans l’esprit : j’ai un examen dans quelques minutes, et je commence à avoir mal au ventre avant de rentrer en scène... mon corps peut réagir également avant qu’il y ait un problème avéré, c’est ce que l’on appelle l’anxiété. On voit encore que pensées et émotions sont indissociables, le corps et l’esprit aussi.
Le cerveau est composé de plusieurs « parties » : le cortex situé en partie « externe » du cerveau (la raison) et le cerveau émotionnel que l’on appelle système limbique (les émotions), situé beaucoup plus en profondeur dans le cerveau. Dans l’histoire de l’évolution, il a été prouvé grâce à de nombreuses recherches que l’apparition du cortex est arrivée plus tard que le cerveau émotionnel, et lors de l’évolution des espèces, le cortex s’est, en quelques sortes, connecté au cerveau émotionnel. C’est ce dernier qui envoie beaucoup plus d’informations au cortex que l’inverse, c’est souvent pour cette raison que l’on peut avoir du mal à « gérer » ses ressentis, car il prime dans le lien cortex-cerveau émotionnel.


On peut apprendre à « réguler » ses émotions afin de diminuer le stress (terme générique) et amplifier les émotions agréables. Depuis les années 50 on a appris que les émotions négatives peuvent altérer le corps, et on sait que c’est le même cas de figure pour les émotions positives... depuis 15 ans seulement. Elles peuvent nous aider à rééquilibrer notre système nerveux, améliorer notre immunité, freiner le vieillissement cellulaire, etc. La « Nun Study » est la meilleure étude publiée dans ce domaine : sur 700 religieuses, suivies sur plusieurs décennies, on a pu voir que celles qui avaient le plus de pensées positives vivaient plus longtemps et en meilleure santé... c’est sans appel. Beaucoup d’autres études sont venues confirmer ces dires : le stress détériore la santé alors que les émotions positives la rendent meilleure.
Voilà pourquoi il est nécessaire que l’on se réconcilie avec notre corps, et que nous tendions à l’accepter. En phase d’observation, on peut se rendre compte qu’une émotion peut naître d’abord dans une partie du corps avant de pouvoir l’identifier réellement, après coup, une fois que le ressenti est « passé ». L’observation de soi-même est donc très importante et constitue un premier pas vers la libération psycho-émotionnelle.


LE TOUCHER, C’EST INNÉ

Comme expliqué dans ce mémoire, le premiers sens qui apparaît est le toucher, près de la bouche, vers 2 mois de gestation, et l’hypophyse.
De ce fait, Le fœtus réagit très tôt au toucher : il apparaîtra au bout de quelques semaines par la pression du liquide amniotique sur la peau. Sans parler du cerveau, les récepteurs font d'abord leur apparition autour de sa bouche, puis se multiplient sur l'ensemble du visage, sur la paume des mains, sur la plante des pieds et enfin à l'extrémité de ses doigts.
Le fœtus réagit à aux caresses : le fait de se toucher le ventre pendant la grossesse le permet : toucher son ventre, c’est faire clapoter le liquide amniotique contre la peau et les récepteurs de bébé, et ces «caresses » provoquent une sensation et développent une sensibilité envers le bébé.
Certains bébés commencent même à sucer leur pouce, à caresser leur visage et à jouer avec le cordon ombilical. Par simple pression des mains, il est possible d’entrer en contact avec lui : on le sait, puisque le fœtus aura tendance à « donner des coups » en réponse aux petites pressions sur le ventre tendu.
C’est plus tard que notre âme est touchée par la voix de notre mère et des personnes qui l’entoure (le papa, le grand frère ou la grande sœur parfois également) : lorsque l’ouïe commence à se développer chez le fœtus, au 5ème mois : ce sera le sens le plus fins jusqu’à sa rencontre avec le monde extérieur, puisqu’il est bercé par les bruits digestifs, circulatoire et cardiaques de la maman. C’est vers les 6 mois de gestation qu’il entend et écoute réellement ce qu’il se passe à l’extérieur (peut-être que c’est aussi là que se développe la curiosité chez l’enfant ?) : certains chercheurs ont prouvé que le fœtus est sensible aux intonations de voix, aux changements de rythme de paroles. Il distingue parfaitement la voix de la mère à la naissance.
Et c’est à ce moment-là que l’âme de l’enfant est touchée. La voix de notre mère devient notre premier contact avec le monde extérieur.
La suite, nous la connaissons, puisqu’en ce qui concerne les émotions de la mère, les fœtus arrivent à faire une association entre le son entendu et le ressenti de la maman à la délivrance. Chacune des émotions portées par la mère a un impact sur le fœtus qui créera une association d’idées... un son, une émotion... c’est ici que débute la magnifique aventure que l’on appelle la vie.


LE LANGAGE CORPOREL DANS L’ENFANCE

Chez les tout-petits, souvent, les maux remplacent les mots. Ils ne peuvent pas s’exprimer par la parole et c’est donc leur corps qui va s’exprimer à leur place.
Comme dit précédemment, nous savons désormais que le corps et l’esprit sont étroitement liés. Une émotion vécue difficilement peut s’exprimer par l’intermédiaire du corps.
C’est ce que l’on appelle plus couramment la somatisation. A la naissance, nous communiquons avec notre environnement et le monde qui nous entoure par les sens. Les nourrissons écoutent avec leur peau, voit avec leurs oreilles, etc. Dans le jargon des psys, on appelle cela « l’hypervigilance sensorielle », comme l’explique Sophie Marinopoulos, psychologue et psychanalyste.
C’est ainsi que l’enfant exprimera son bien-être ou son mal-être. C’est souvent pour cette raison que beaucoup de bébés développent eczéma, coliques ou problème de digestion divers. Ce qui n’est pas exprimé par la parole est exprimé par le corps. Et cela concerne également les enfants, qui ne maîtrisent pas toujours la parole comme ils le souhaitent et peuvent éprouver un mal-être lié à une formulation de phrase.
Le meilleur exemple que j’ai sous la main est celui de mon fils, qui a été bien malade en entrant à l’école. Il avait des diarrhées impressionnantes, sans éprouver ni fatigue, ni manque d’appétit, qui ont fini par lui provoquer des irritations de l’intestin et donc beaucoup de sang dans les selles. Ces maux de ventre venaient juste avant d’aller à l’école. Un jour, je lui ai parlé juste après l’un de ses nombreux passages aux toilettes : c’est le moment où j’ai fini par comprendre qu’il était réellement nerveux d’aller à l’école malgré mes nombreuses demandes auparavant. Sans rien lui demander, je lui ai juste
raconter mon expérience, en lui expliquant, que « maman aussi elle a été en maternelle, et qu’elle avait peur parce qu’elle ne connaissait personne, mais que finalement c’était bien parce qu’elle a rencontré des copains avec qui jouer, que j’ai appris plein de choses et que c’était intéressant. C’est là aussi que je lui ai expliqué que c’était tout à fait normal d’avoir peur, qu’il avait le droit et que moi-même je me sentais un peu comme ça parfois aujourd’hui encore. C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à le masser régulièrement et que c’est devenu une habitude presque quotidienne, lors de ses maux de ventre avant d’aller se coucher. Mais à partir du moment où je lui ai parlé de mon expérience personnelle, ses diarrhées ont été terminé.
C’est pour cela qu’il est très important de trouver des causes psychiques lorsqu’il n’y a pas de causes « physiques » au mal des enfants.
C’est une étape affective qui a été difficile à vivre pour lui, il a été troublé. Il aurait pu développer un eczéma pour exprimer son mal-être cela aurait été la même chose.
Les répercussions sur le corps des enfants peuvent se mettre en place s’ils se trouvent dans des familles où l’on ne parle pas beaucoup par exemple.
Bien sûr, chaque enfant est différent. Chacun est plus ou moins sensible et réagira différemment face à une situation donnée. Certains traumatismes ne se « voient » pas tout de suite : l’émotion forte se répercutera des années plus tard physiquement parlant, car le corps garde en mémoire le mal-être psychologique. Il suffira d’un élément déclencheur pour activer cette répercussion.
Chez les enfants et les bébés, les manifestations somatiques se manifesteront par des problèmes de peaux (eczéma par exemple). Et c’est tout à fait normal car il s’agit du premier rapport relationnel (câlins, bains, bercements, changes, jeux, bisous...). De même par les problèmes de digestions (coliques, reflux, maux de ventres...). Chez les plus grand on verra s’ajouter parfois les troubles du sommeil, la perte d’appétit, des maux de tête ou de l’agitation, problème de concentration ou encore le fameux « pipi au lit ». Chaque situation et chaque personne est différente et ne relèvera pas le même problème, même si deux enfants de deux familles différentes du même âge font pipi au lit.
Le lien entre corps et esprit est bien établi, cependant, avant toute chose, il faut éliminer les causes physiques via la médecine traditionnelle. D’ailleurs, certains pédopsychiatres se sont spécialisés dans le « décodage » du langage corporel chez les enfants afin d’aider à la compréhension de l’autre et le sens même du « mal » des enfants, et ainsi dénouer le problème.


LES ÉMOTIONS

Quand on se fait toucher, on se sent moins protégé physiquement et émotionnellement parlant : Pour se protéger d’un coup physique, l’humain aura tendance à se recroqueviller sur lui-même pour que le dos supporte le coup, car les viscères ne sont pas protégés par les os. Il en va de même pour les émotions, c’est le dos qui supporte tout, comme une sorte de carapace.
C’est l’une des raisons pour laquelle on a souvent des tensions qui sont dans le dos : on a tendance à « porter le monde sur nos épaules ».
Cela détend car on n’a plus l’habitude d’être touché. On se retrouve face à face avec nous-mêmes, on prend un moment pour soi dans une société qui va à 100 à l’heure et qui nous empêche d’être nous-mêmes, une société qui nous empêche de penser réellement à ce que nous voulons, et qui nous oblige beaucoup plus à penser la façon dont il faut paraître pour être « heureux » ... et surtout rentrer dans un moule. C’est ce moule-même qui nous dit comment penser, comment nous habiller, comment agir, via la télévision, les réseaux sociaux, et qui nous transmet une image faussée du véritable bonheur. Le bonheur est ce que l’être humain recherche sans toujours le savoir. Mais à force de penser « comme tout le monde », on ne se rend pas compte que le bonheur est là sous nos yeux. Le bonheur est abstrait et concret à la fois, il paraît parfois si loin alors qu’il est à portée de main. Cette société qui, en nous empêchant de penser par nous-mêmes, nous oblige à refouler nos émotions qui elles nous sont propres pour que l’on suive un parcours déjà pré-tracé qui commence à l’école. Dès le plus jeune âge, on nous oblige à rester assis, à ne pas parler, à ne pas déranger, à peine entrés sur les bancs de la maternelle. Mais cela commence bien plus tôt, dès que l’on est nourrisson. Il ne faut surtout pas déranger les autres personnes, et quand un bébé pleure, on s’éloigne pour éviter que le son des cris n’entre en contact avec les oreilles des gens « bien », car on se dit que les autres pensent que nous ne savons pas nous occuper de nos enfants. Il en va de même lorsqu’un enfant fait un « caprice », alors que réellement, les caprices n’existent pas, il ne s’agit que d’émotions trop vives qui ne sont pas encore « contrôlables » par les cerveaux enfantins.
Malheureusement aujourd’hui, ce sont des situations et des émotions que l’on rejette parce qu’il est de mise de refouler ses ressentis, et ce sont aussi des situations que l’on oublie. « J’ai été enfant moi ? » « Ah bon, je faisais des caprices ? »...
Donc finalement, on refoule ses sentiments, ses émotions, par simple peur du jugement des autres. Moi-même j’ai vécu cette situation de jugement par rapport aux autres, et on finit par rentrer dans un cercle vicieux, qui tend à être le suivant :
Une émotion refoulée provoque un état de colère, et la colère est un mélange d’émotions refoulées, mais la colère est aussi une émotion alors on le refoule à nouveau...
Tout ceci pour finir dans la déprime ou encore pire, la dépression.... Je parle de manière très généralisée, mais c’est tout à fait de cette manière dont je perçois la chose.
Malgré tout, nous vivons émotions, nous sommes émotions, nos ressentis sont innés et surtout ils nous font vivre. Il y a tant de mot en français pour exprimer les émotions différentes. Dans notre société nous sommes aujourd’hui obligés de revenir à l’essentiel pour nous retrouver et savoir ce que nous voulons réellement, alors, on apprend à se réapproprier nos émotions. On essaye d’y trouver des mots, des formes, des couleurs, pour que pour nous cela soit plus simple à exprimer, puisque nous vivons une situation de blocage. Comme quoi, refouler nos émotions est nocif pour la santé.
Quand nous venons au monde, ressentons-nous d’abord des émotions, ou d’abord des sensations ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons répondre parce qu’une partie de notre cerveau a occulté cette partie de notre vie, mais, dès la grossesse, nous savons que nos enfants ressentent nos émotions à travers notre corps.
Nous naissons avec plusieurs choses fondamentales : nos 5 sens, nos émotions, et nos besoins fondamentaux. Notre corps même est le traducteur de nos émotions : le sourire, les larmes, la façon de se tenir, tout est lié. Si notre tête refuse de les exprimer, notre corps parlera pour nous, jusqu’à parfois développer des maladies.
Voici toutes les raisons pour lesquelles il est nécessaire de nous libérer de l’emprise du non-dit sociétal, typique de notre culture ainsi que de nos mœurs.
Le « toucher » fait partie de ce système. On refoule nos émotions, on refoule nos sens, de par la chrétienté. Tout va encore une fois à l’encontre de notre nature profonde et nos besoins. Le toucher est une chose mal perçue dans notre civilisation à cause de la religion qui a lié le toucher avec le sexe. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que les personnes « masseuses » sont souvent liées avec des  marchand(e)s de sexe. Le but aujourd’hui, c’est de faire bouger les mentalités, en pensant que se laisser toucher va surtout permettre de lier avec son moi profond.
Le toucher physique est probablement la première forme de contact que l’on a avec le monde interne et externe, puisque notre corps tout entier baigne dans le liquide amniotique qui est en contact permanent avec notre peau.
Pendant la délivrance tout notre corps est touché, pour finalement être pris dans les bras par notre mère ou le personnel médical. Bébé, on découvre le monde par le toucher. On y voit encore mal, on n’entend pas encore à 100%, nos papilles finissent de se former, mais nos mains arrivent à mieux sentir les choses.
PARADOXE : On explique aux enfants qu’il est « normal » de se sentir effrayé, frustré, en colère etc, et dans l’autre sens, on leur empêche d’exprimer cette normalité.
La régularité du massage est selon moi primordiale pour aider à libérer les émotions. Comme dit précédemment, c’est la peau qui fait le lien entre l’extérieur du corps et l’intérieur. Elle est la première  protectrice. C’est aussi la première à être touchée : par le sol, quand nous marchons, par nos paupières et nos yeux, lorsque nous sommes assis... chaque objet, chaque molécule touche notre peau. Le soleil, le vent, la pollution ou nos vêtements. On prend plaisir à être touché par quelque chose que l’on ne maîtrise pas comme la chaleur du soleil en hiver ou la douceur du vent en été. Nous sommes totalement dans le « lâcher prise » car nous savons que les éléments ne dépendent pas de nous, à aucun moment. On se laisse porter, on se laisse bercer et on l’accepte.
Mais certaines personnes refusent d'être touchées, car elle présentent souvent une grande peur du fait que l'on lève un point sensible de leur for intérieur ou que l'on fasse ressortir une émotion. Parce qu’aujourd’hui on ne s’autorise plus à ce lâcher-prise qui pourtant est très à la mode depuis ces dernières années.
Pour preuve, j'ai massé certaines personnes qui m'ont avoué plus tard "je n'ai jamais ressenti cela auparavant." On peut déblocage des émotions selon l’endroit du corps touché : si on touche les différents endroits où sont placés les chakras notamment celui du cœur, et donc le sternum, en restant quelques instants dessus, même sans appuyer, juste la main posée sur cet endroit, alors parfois, des larmes peuvent couler simplement parce qu’une émotion s’évacue, on ne sait pas toujours pourquoi...
Le toucher est lié à la relaxation, et la relaxation cela se passe dans la tête. On prend soin de nous physiquement, et on lâche prise émotionnellement. « Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime » : chaque chose que l’on ne dit pas, chaque sentiment ou émotion refoulée, inavouée, non dite, ressortira d’une manière ou d’une autre dans le corps.

LES « ÉMOTIONS CORPORELLES »

Merci aux chercheurs finlandais !
Ils ont créé la première carte corporelle des émotions : l’étude a été réalisées auprès de 701 personnes du monde entier à qui étaient présentées des images ou vidéos éveillant des émotions spécifiques.
Chaque participant devait représenter sur une silhouette les zones de leurs corps où ils sentaient une plus grande activité, ou au contraire, avec une activité amoindrie.
Docteur Nummenma : « Nous avons été surpris de constater qu’à chaque émotion correspondait une combinaison précise de sensations, et que celle-ci était reproduite spontanément par la majorité des participants, qu’ils viennent de Finlande, de Suède ou de Taïwan ». Lauri Nummenmaa explique aussi : « Si l’on se retrouve face à un animal sauvage par exemple, l’apport d’oxygène augmente dans les muscles et le cœur se met à battre plus rapidement. C’est un système automatique qui se met en place sans que nous ayons besoin d’y penser, cela permet de mieux affronter la menace et de prendre rapidement ses jambes à son cou. » Ainsi, nous ressentons tous les émotions de la même manière mais nous les exprimons de manières différentes. C’est alors qu’entrent en jeu les personnalités de chacun et les différences culturelles. Nous ressentons tous les déceptions dans les mêmes organes et la joie trouble pareillement notre cœur.
Les émotions primaires telles que la colère, la peur, ou la surprise étaient ainsi associées à une augmentation au niveau de la poitrine, caractérisant une accélération cardiaque et/ou respiratoire  (cœur/poumons), et surtout au niveau des bras pour la colère (envie de taper dans un mur pour sortir cette émotion ?)
La tristesse se caractérise par un affaiblissement de l’activité des membres supérieurs. Le dégoût active les sensations gastro-intestinales et la gorge. Le bonheur, à l’inverse de tous, se ressent dans tout le corps, et augmente l’activité de ce dernier dans son intégralité : on « rayonne » de bonheur. L’amour procure une sensation de bien-être et de chaleur. Et dans cette étude, il ne s’agit que d’émotions «artificielles », alors je vous laisse le soin d’imaginer les réactions corporelles lorsqu’elles nous « frappent » de plein fouet de manière naturelle et inattendues...
Les émotions impliquent une réaction hormonale, musculaire, neurologiques et immunitaires. D’après Henrique Sequeira, professeur en neurosciences 16affectives à l’Université de Lille I & II :
« C’est d’ailleurs ces liens qu’explorent la médecine psychosomatique, selon laquelle des émotions répétées peuvent avoir, chez certains individus prédisposés, un impact positif, (guérison plus rapide d’un cancer) ou négatif (vulnérabilité cardio-vasculaire, asthme) sur la santé, en frappant de manière répétée et inutile sur même organe. »


Graphique complet des émotions « corporelles »

 

LE TOUCHER ET LA DÉPRESSION


1. LES PRÉMICES

La dépression commence sans s’annoncer. Une grosse période de fatigue, du stress, de la monotonie et là voilà qui s’est installée en quelques mois. On ne la considère pas toujours : un laisser-aller, un désintérêt pour tout, mais finalement une sensation de mal-être et d’oppression permanente. On peut pleurer toute la journée, ne plus manger, faire le vide autour de soi et se renfrogner sur nous-mêmes. Tout le monde nous déteste et on déteste tout le monde, on veut s’isoler et être seul pensant que l’on a besoin de cela, mais en fait non, puis finalement on est aussi mal en présence des autres. On ne
fait que penser, on peut s’enfermer dans des pensées morbides, on ne voit pas d’issues, il faut gris, on préfère le noir, et c’est ainsi que les idées suicidaires peuvent arriver, et c’est aussi comme cela que l’on peut facilement se réfugier dans les drogues, l’alcool. Elle peut nécessiter un traitement médicamenteux, la mise en place d’une thérapie, car le soutien extérieur est tout de même une clé dans la guérison.


2. L’ÉTAT DE DÉPRESSION AVÉRÉE

Une étude allemande a démontré que le toucher « léger » offre un traitement complémentaire dans la lutte contre la dépression chez certaines personnes atteintes de troubles psychiatrique.
Le massage améliore l’état des personnes dépressives sur plusieurs points : la tension psychologique, l’agitation, l’humeur, les tensions physiques (cou et épaules).
Les douleurs de la nuque peuvent représenter des frustrations liées à « je ne suis pas capable de », le refus de dire non à une situation qui ne nous convient guère, parce nous pensons ne pas avoir le droit de refuser. L’épaule est intimement liée à la nuque, au cou : elle tend à symboliser nos désirs profonds d’action. Les tensions ressenties peuvent être lié à notre difficulté à agir au sens large, dans des situations où l’on se sent freinés, et donc là encore naît une frustration intimement liée à la dépression. Pour en revenir au toucher sur une personne dans état de dépression, on peut toucher la peau directement, car la peau est liée à l’identité de la personne, et souvent lors de cet état il est important de prendre conscience de son corps, de son identité et de son soi. Cela permet de rehausser le
niveau de satisfaction par le plaisir d’être touché et donc de satisfaction. « Waouh, mon corps peut me permettre de ressentir cela ! » et comme mon corps c’est moi, inconsciemment, c’est moi-même qui joue un rôle clé dans le massage. Il en va de même pour les déprimes hivernales, il est primordial de se faire plaisir pour nous aider à relativiser des situations et retrouver notre joie de vivre. Rien de tel qu’un retour aux sources, par la main, par la peau, par le plaisir et la satisfaction d’être touché. Le massage peut réchauffer le corps et sentir à nouveau une chaleur pendant de longues périodes de froid peut s’avérer très bénéfique pour l’esprit. Le lien entre masseur et receveur est une première étape vers un soutien extérieur car le massage rentre dans un type de communication via la relation et l’intériorisation faites entre les 2 personnes. Il n’est pas nécessaire de parler pour comprendre l’autre, les mots de la peau et de la main sont parfois suffisants. Mais il est préférable de suivre une certaine régularité dans ce type de soin. Il s’agira sans aucun doute de la thérapie la plus douce connue par la personne traitée en situation de dépression, en complémentarité avec ce que le corps médical tend à offrir aux personnes
souffrant de dépression, simplement se faire chouchouter et considérée comme une personne « normale ».


LES EFFETS DES MASSAGES SUR LE CORPS ET L’ESPRIT

De manière générale, pendant un massage, les récepteurs du toucher sont stimulés, les informations qui sont envoyées via les nerfs en passant par la moëlle épinière remonte jusqu’au cerveau pour le stimuler. De ce fait, l’endorphine est libérée juste après le traitement de l’information (on me touche), et donc notre corps produit des antistress naturels (libération de l’ocytocine, un anxiolytique présent naturellement dans notre corps). Le stress peut être éprouvant aussi sur le plan physique : crispation musculaire, problèmes digestifs (voir mon chapitre sur la somatisation des enfants) avec des crampes, brûlures d’estomac, ballonnements, diarrhées, constipation..., des maladies de peaux avec l’eczéma, psoriasis, certaines dépigmentations de peau, une accélération du rythme cardiaque, des sudations abondantes, problèmes capillaires, ou encore prises ou pertes de poids, maladies cardiovasculaires, insomnies, manque de libido ou défaillance du système reproductif... de manière plus claires, le stress
stimule l’hypothalamus, qui va stimuler les glandes surrénales, et certaines d’entre elles vont sécréter de l’adrénaline, qui va augmenter le rythme cardiaque, augmenter le souffle, faire monter la tension artérielle.... D’autres glandes vont augmenter le taux de sucre dans le sang, pour donner le « coup de fouet » nécessaire à la réaction, par exemple.
Mais les massages présentent de nombreux bénéfices pour le corps et l’esprit. Ils apportent bien-être physiques et améliorations physiologiques. Voici quelques exemples d’améliorations :

A. En général
1. La circulation générale : Il favorise une meilleure circulation sanguine, améliore la circulation veineuse, agit de manière indirecte sur la circulation artérielle et approvisionne les muscles en nourriture et oxygène.

2. La circulation lymphatique : Il apporte une meilleure irrigation des tissus, aide à l’élimination des déchets, accélère la résorption des liquides infiltrés dans les tissus sous-cutanés.

3. Sur les muscles : Il apporte une action sédative ou calmante, les décontracte, aide à la résorption des tensions et blocages, peut assouplir les raideurs musculaires (voir paragraphe consacré au sport)

4. Action tonique : Par des manœuvres qui provoquent la contraction des fibres musculaires (percussions par exemple)

5. Résultats

A. Biochimiques
- Acquisition d’une grande souplesse des tissus
- Activation des mécanismes d’assimilation et d’élimination de la peau
- Amélioration des productions hormonales (massage du ventre et de la gouttière spinale, qui régularise les fonctions du pancréas, de la thyroïde, des reins, du foie...

B. Nerveux
- Apaisement grâce à la diminution de stress et le recouvrement de l’équilibre nerveux
- Favorisation de la stimulation des nombreuses terminaisons nerveuses au niveau de la peau
- Possibilité d’excitation en éveillant le sens du toucher et faciliter le sommeil.

C. Effets organiques
- Possibilité d’amélioration de la digestion et des sécrétions glandulaires (en l’accélérant)
- Amélioration de l’élimination grâce à l’augmentation des sécrétions biliaires et intestinales
- Élimination de la tension musculaire
- Aide à la régularisation des éliminations intestinales et rénales (augmentation de la quantité d’urine)
- Action tonifiante en favorisant le mouvement péristaltique ou une action sédative sur les spasmes intestinaux
- Diminution de la tension sanguine (apaisement du système nerveux et donc de la pression artérielle)
- Augmentation de la capacité respiratoire et des échanges pulmonaires...

Il est impossible de ne pas constater ces avantages. Chacun des ces bienfaits permettent une amélioration de la santé, et une évolution de la santé induit par conséquent une amélioration de l’état d’esprit, avec un regain de confiance en soi, une meilleure forme qui joue sur le plan physique et psychologique : un bon moral est synonyme de bonne santé (voir la définition de la santé de l’OMS – Organisme Mondial de la Santé – donnée au début de ce mémoire).
Et on sait (ou on le dit ?) depuis peu que les facteurs psychologiques sont souvent déclencheurs de maladies, en plus de prédispositions génétiques. C’est donc un tout...
Dès lors que le corps se détend, le psychique rentre immédiatement en compte : on est également plus détendu dans la tête et on se sent mieux de s’être accordé un moment pour soi.
Le toucher et le massage offre des sensations corporelles que l’on oublie et permet d’appréhender son corps de manière différente. C’est donc le cerveau qui reçoit une information différente. Le lien est prouvé. C’est pour cette raison que je pense que le massage énergétique peut considérablement aider à libérer le psychique et chacune des émotions qui sont bloquées, surtout s’il est fait de manière régulière. J’en suis la « preuve » vivante.
Il peut nous apprendre à nous détendre et à nous accepter tels que nous sommes : une enveloppe corporelle bien différente de celle que nous croyons avoir. Pour finalement avoir une pleine conscience de notre corps. C’est inné : nous aimons nous faire toucher, nous faire papouiller, nous faire gratouiller, souvent cela renvoie à notre enfance, parce que maman ou mamie le faisait... puis tout simplement, l’enfance est la base de la construction de notre vie d’adulte. Concernant les potentiels receveur de massages, l’idée serait de faire un petit entretien afin de connaître plusieurs choses : souhaits de la personne : est-ce qu’elle attend quelque chose en particulier du massage, à quels endroits préfère-t-elle être massée... Les douleurs s’il y en a, essayer de cerner l’état d’esprit : paraît-elle joyeuse et enjouée ? Arbore-t-elle une mine triste et fatiguée ? mais dans l’évidence, ne pas l’enfoncer dans son mal-être si tel est le cas mais plutôt paraître neutre/positif. Tous ces critères sont primordiaux afin de donner le maximum de bienveillance et de bien-être à la personne. C’est déjà un premier pas vers la santé. Il faut considérer une personne et non pas un corps, ce serait une erreur en tout cas dans ce type de démarche, qui bloquerait de manière plus que probable une quelconque libération possible.

ET LES HUILES ALORS ?
Mais les massages ne se font pas sans huile... (enfin presque) : l’utilisation des huiles végétales permettent de nourrir la peau et de lui redonner de la souplesse. On les utilise depuis l’Antiquité car on  connaissait déjà leurs propriétés hydratantes et protectrices. En les utilisant, la peau devient moins fragile et se défend mieux des agressions extérieures. Elles sont non toxiques et n’ont pas besoin de
conservateurs chimiques, et sont plus économiques que des crèmes de soin de cosmétiques lambda. Elles empêchent l’eau contenue dans la peau de s’évaporer grâce à la pellicule de gras à l’inverse des crèmes qui elles apportent de l’eau à la peau. Par cette barrière, la peau est également protégée des agressions extérieures.
Il existe des centaines d’huiles différentes, qui ont chacune leurs propriétés, mais on retrouve souvent les mêmes : elles peuvent être cicatrisantes, adoucissantes, curatives, apaisantes, anti-inflammatoires, nourrissantes, fortifiantes, anti-acné, anti-psoriasis, anti-chutes de cheveux, renforçantes (ongles)...
Les huiles peuvent être utilisées pour chaque partie du corps, des pieds à la tête en passant par les muqueuses (l’huile de coco est excellente pour ce faire). Les cheveux, les ongles, les rides, chaque petite partie du corps peut se faire recouvrir d’huile.
Dans l’idée, donner le choix de l’huile à la personne (parmi une présélection du masseur) peut s’avérer utile : le receveur pourra ressentir son « importance » : on lui porte de l’attention, cette attention dont il a besoin pour se sentir compris et qui peut également le rassurer pour tendre vers un lâcher-prise. L’attention que l’on porte à l’autre est incontournable pour le massage. Le massage a un sens, on ne le fait pas que pour soi lorsque l’on est masseur.
Dans le même domaine, les huiles essentielles peuvent jouer un rôle identique à celui l’huile végétale : on peut les mélanger ensemble et faire choisir le receveur qui aura cette satisfaction d’avoir le choix et de se sentir plus « maître » de la situation afin de faciliter le lâcher-prise.

LE TOUCHER POUR MOI ?

C’était compliqué au départ. On m’a souvent reprochée d’être trop tactile avec les autres, à poser une main sur un bras en faisant la bise pour la première fois à un inconnu (en l’occurrence une personne de sexe opposé), parce que « tu ne connais pas cette personne enfin c’est déplacé ! ». J’ai toujours gentiment rigolé de ces réflexions : toucher un bras ne revient pas à aguicher une personne ... ! Mais j’ai aussi profondément été blessée. Parce que j’aime toucher les gens autour de moi. Peut-être encore plus pour un premier contact. Merci la société occidentale...
Donc pendant longtemps, j’ai « perdu » contact avec ma main. Elle est partie et ses sensations aussi, quelque part je ne sais où au fond de ma tête, et dès que j’approchais ma main de quelqu’un, j’avais un gros panneau rouge qui m’arrivait sur le nez comme dans les dessins animés. BOING ! Stop-là ! j’ai gardé le contact uniquement avec les personnes qui m’étaient proches et encore. J’ai eu un gros blocage. J’ai limité mon toucher, simplement. Je touchais rarement, voire plus du tout. Ce n’était pas seulement le toucher « manuel », c’était aussi corporel : c’est même moi qui refusais que l’on me touche. Je bloquais lorsque quelqu’un effleurait mon bras, ma joue, cela me dérangeait. Je repoussais les personnes qui voulaient me prendre dans les bras. Pour moi, c’était trop. Si on me prenait dans les bras à un moment de tristesse, c’était encore pire pour moi : je me sentais totalement vulnérable et c’est exactement l’inverse que je voulais montrer. Non, moi, je suis forte, je ne pleure pas et je ne souffre pas. Alors qu’en réalité, j’étais dans une pseudo-souffrance quasi-constante, je suis à la base une grosse émotive et j’étais une petite fille hyper câline. Jusqu’à ce que l’on me voit comme une personne sexualisée, bien sûr, avec des seins, des poils, des fesses et des désirs. Ça a été un changement, une évolution, puisque, pour « plaire » aux autres, je me suis détournée de ce que j’étais et de ce que j’aimais : le
contact. En perdant ce contact physique, j’ai peu à peu perdu le contact avec mes propres émotions. Tellement, que je n’arrivais plus à mettre de mots (de maux ?) dessus : je ne connaissais que les émotions « intenses » : amour, colère, tristesse. Sans réellement connaître les différences entre elles.
J’ai donc poursuivi ma route, petit à petit, en cherchant un travail qui me permettrait d’être... en contact avec les autres. J’ai toujours travaillé avec une clientèle, une patientèle, rarement dans un bureau à part à certains moments où j’avais besoin de « pauses » relationnelles car j’étais usée en voulant à tout prix rattraper ce manque inconscient.
Puis petit à petit, l’idée a fait son petit bonhomme de chemin, et c’est probablement inconsciemment et consciemment certaines de ces raisons pour lesquelles j’ai décidé de suivre la formation. Parce qu’au final, je me suis détournée de moi-même... pour mieux me retrouver.


ET LE MASSAGE ALORS ?

Le toucher, c’est les mains, c’est l’esprit, c’est le cœur, c’est le corps, c’est de l’art, c’est de la créativité, c’est un don, c’est un talent, c’est un cadeau, c’est magique.
Lorsque l’on perd la vue, on développe son toucher puisque c’est quasiment le sens « principal » : les aveugles disent eux-mêmes pouvoir voir avec leurs mains.
C’est une chose magnifique : j’aime toucher, j’aime (de plus en plus) être touchée. Quand je masse, je suis dans une espèce d’état second, état qui dure pendant la totalité du massage. Ma main suit les formes du corps, les courbes, les creux, les bosses, les rides, les cellules, les poils, elle se glisse inlassablement, en pressant, en poussant, en malaxant, en faisant bouger la peau, les muscles, les membres, les os, le corps tout entier. C’est un moment magique où le temps s’arrête, c’est une parenthèse temporelle. Je suis comme hors de mon corps mais pourtant bien présente, ma tête est bien sur
mes épaules mais mon esprit est dans mes mains. Chaque corps est beau, sans défaut, parfait dans sa propre imperfection. Je l’accepte, je ne fais pas de différence, le corps que je masse devient un peu
comme le mien. Je touche de la même manière que j’ai envie d’être touchée, je ressens la manière dont la personne a envie d’être touchée, j’agis de manière instinctive, sans plus réfléchir comme au départ, je masse pour libérer et je lasse pour me libérer. Dans cette bulle je ne pense plus à rien, juste à l’autre qui devient ma main, ma main (moi ?) qui devient l’autre. Le corps de l’autre me parle, j’essaye de le comprendre : chacun de ses plis, ses creux, ses bosses et ses détails évoque une histoire, un souvenir, j’ai l’impression d’aller au plus profond de la personne en la massant, en la touchant, en étant plus présente que jamais dans mes mains. Mes mains sont tout et je n’existe plus seule à ce moment-précis, j’existe à deux, j’existe au travers l’autre, à travers son corps, à travers ses émotions, à travers son âme. Je ressens, je respire, je complète. L’autre me complète, et mes mains se s’accordent parfaitement avec ce corps qui n’a plus de secrets pour moi, mais qui en a pourtant tellement...
Je suis comme en état de transe. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive, mais tout ce qui m’entoure n’existe plus. Il n’y a plus de musique, il n’y a plus le bruit des voitures, il n’y a plus de voisins. J’entends de manière lointaine la vibration d’un téléphone que l’on a laissé sur la table, le chat en train de manger ses croquettes. Je m’attarde sur les petits détails de la peau : je n’ai pas besoin de me poser de questions : mes mains disent si elle est sèche, élastique, fripée, brûlée... Je n’ai plus besoin de la voir pour la comprendre.
Comme les mal-voyants, mes mains voient à ma place. Et ce sont elles qui vont me traduire l’histoire du corps. Je ressens ce que l’autre ressent, si la personne s’endort je suis encore plus à l’écoute de ce corps endormi qui lui lâche totalement prise. Je « m’amuse », je prends plaisir à faire plaisir.
C’est dans ces moments-là que je comprends que l’humain n’est pas fait pour être seul mais toujours accompagné.
Chaque corps a besoin que l’on prenne soin de lui, qu’on le touche, il a besoin d’exister dans son entièreté. Il existe du cuir chevelu aux inter-orteils en passant par les aisselles et les creux poplités.
C’est grâce à cette magnifique année que j’ai redécouvert mes propres sens. Je prends de plus en plus conscience de mon corps lorsque je fais des choses quotidienne et habituelles. Je reprends conscience de mes pieds lorsque je marche, soit pieds nus, soit en chaussette, et même avec les chaussures. Je touche le sol, le sol me touche, je le sens à travers mes semelles de chaussures, mes chaussettes, ma peau. Est-ce que les autres ont la chance d’avoir cette conscience et cette nouvelle sensation qui finalement est innée ? C’est comme si je commençais à me réapproprier mon propre corps. Ma tête en a trop longtemps été séparée. Maintenant, nous nous retrouvons et nous tendons à nous retrouver l’un et l’autre.


PRÉSENTATION DE MON PROJET

Ce mémoire est intimement lié à mon projet. Par chaque chapitre que j'ai présenté j'ai réellement voulu vous emmener là où nous en sommes. Je voulais montrer à quel point l'influence du cerveau peut aider ou non à l'acceptation de soi et de son corps. Le massage est l’une des étapes selon moi primordiale pour pouvoir prendre conscience de son corps. L'idée c'est que nous n'ayons plus de vision faussée de nous-même, que nous n'ayons plus de vision déformée de notre corps afin que le cerveau l'intègre réellement pour pouvoir réussir à atteindre cette libération une fois que nous avons  parfaitement conscience de notre corps on peut laisser aller à ses émotions et justement beaucoup mieux les comprendre. Prendre conscience de son corps c'est prendre conscience de ses émotions parce que on sait qu'il nous parle enfin et qu'il n'est pas notre ennemi mais notre allié. Les deux vont de pair on ne peut pas vivre sans corps et le corps ne peux pas vivre sans âme. Il suffit simplement d'accepter la rencontre des deux et de comprendre que le corps et l'esprit s'échangent des informations de manière perpétuelle. Mon projet va en ce sens : je souhaite aider les personnes qui ont des problèmes avec la vision de leur propre corps mais aussi les personnes qui ont des problèmes avec « leur âme et leur esprit », c’est-à-dire les écorchés vifs, les personnes qui ont des problèmes d’expression de leur émotion...
Puisque l'un ne va pas sans l'autre je veux bien sûr aider ces deux types de personnes.
La formation avec Cécile m'a permis de comprendre que je souhaite réellement transmettre quelque chose avec mes mains. Mais j’ai surtout réellement pris conscience de moi-même et de ce que j’ai eu à « guérir » chez moi... je tends vers cela aujourd’hui. Puis au fur et à mesure de l'année et des stages, de mes rencontres qui ont été riches et extrêmement nombreuses aussi j'ai eu envie d'approfondir le toucher, en me formant en aromathérapie et naturopathie parce que selon moi ce sont des domaines qui se complètent (même si je pense que chaque domaine ayant attrait à la nature se complète
tel que la lithothérapie, la phytothérapie ou encore la gemmothérapie mais c'est une parenthèse...).
Je souhaite « décoder » le langage de la peau, de manière holistique : en considérant tous les aspects du « problème » : les racines, les émotions, les conflits internes, les transmissions intergénérationnelles, craintes, peurs, estime de soi, etc.
Je souhaite donc me lancer concrètement dans une démarche « d'aide » aux gens aux personnes qui en ont besoin mais surtout qui ont une volonté d’aller de l’avant, et qui sont prêtes à se voir évoluer.
Je pense que si je n'avais pas fait cette formation de Massage des 4 Orients je n'aurais pas pu réellement comprendre qu'elle était ma mission sur cette terre. Il a fallu que je commence par me comprendre moi-même pour prendre conscience de ça...
Aujourd'hui je sais que ma mission est celle-ci et c'est un réel bonheur de savoir où l'on va une fois que l’on s’en rend compte... Avec ce projet mon champ des possibles est infini et il va aussi me permettre de me nourrir de manière quotidienne car je serai constamment dans l'apprentissage et c'est quelque chose dont j'ai véritablement besoin, qui me fait vibrer en plus de rencontrer des gens et d'aller dans une démarche d'accompagnement pour les personnes qui sont lucides et qui savent qu’elles ont besoin de cela.
Nous faisons partie de la nature et elle fait partie de nous, nous ne pouvons vivre sans elle.
Je tiens à remercier Cécile pour sa magnifique formation ainsi que toutes les filles avec qui nous étions pendant le cursus et je tiens également à me remercier moi-même pour avoir sauté le pas de cette formation même si ça a été un petit « sacrifice » je ne regrette rien parce que je pense que c'est le cadeau de ma vie !
Et je suis rempli de gratitude et de reconnaissance envers cela. On dit que le destin est tracé mais qu'il peut être modifié par nos choix... là je sais que j'ai fait le bon choix et qu'il va me guider jusqu'à la fin de ma vie, qu'il va également influencer ma famille dans le bon sens puisque nous tendons tous à être beaucoup plus bienveillants et plus ouverts qu’avant, alors encore une fois : MERCI.

 

SOURCES :


L’Express
Santé Magazine
Psychologie Magazine
Le Figaro
Marieclaire
Le Point
Médinat
Dijon Massage
Bioenergetique.com
Zestedetente.com
Toucher.info
Infirmiers.com
Cairn.info
Magicmaman.com
Bioacademie.com
Ooreka
Littré
Le Huffington Post
Lingq
Naître et Grandir
Maman pour la vie
Larousse
L’OMS
Youtube
De nombreuses études scientifiques
Mais aussi mes expériences personnelles, l’observation de la vie autour de moi
et bien d’autres encore...